QUEL AVENIR
POUR LES MÉTIERS D'ART ?


Nous assistons aujourd'hui à un drôle de drame, un crime sans cadavre assumé par notre société et accepté par le plus grand nombre : des métiers et des hommes disparaissent avec dignité et sans faire-part, les artisans d'art. Les "Journées des Métiers d'Art" qui ont eu lieu les 29-30 nov. et 1 déc. 2002 sont pour nous l'occasion de jeter un cri d'alarme : nos métiers attirent les jeunes mais ne les retiennent pas. Notre population vieillit, beaucoup d'ateliers ne sont pas transmis et certains savoirs disparaissent définitivement de la mémoire collective.

Siècle après siècle pourtant les artisans ont su perpétuer et pérenniser leurs savoirs en assumant activement la transmission de multiples connaissances qui ont permis une évolution dynamique de notre société, tout en diversifiant un fabuleux patrimoine dont la cote atteint aujourd'hui des sommets. Les Métiers d'Art sont l'expression d'un art de vivre et participent durablement par leur créativité et leur maîtrise à enrichir ce qui sera le patrimoine de demain. Ils représentent près de 20 000 entreprises majoritairement individuelles, réparties en 250 métiers.

Mais ce qui fait leur force fait aussi leur faiblesse : leur richesse et leur grande diversité rendent les Métiers d'Art vulnérables face aux logiques exclusivement économiques d'une mondialisation de la production obsédée par la rentabilité à outrance. Les délocalisations, la concurrence sauvage et une certaine logique productiviste ont laminé la rémunération du travail au point de lui faire perdre toute valeur intrinsèque et de susciter beaucoup de désespérance chez les artisans d'art. Travailler de plus en plus pour gagner de moins en moins émousse singulièrement la passion du métier. La grande majorité des artisans d'art ne peut rémunérer normalement son travail sous peine d'être inaccessible à la plupart de la clientèle.

Le SYNDICAT PROFESSIONNEL DES MÉTIERS D'ART, Instance Nationale, ne peut accepter la menace d'une disparition irréversible des différents savoirs des ateliers, accentuée par l'implacabilité des charges fiscales et sociales disproportionnées.


Derrière la volonté de leur maintien et de leur développement ; c'est l'affirmation des identités régionales qui se dessine face à l'appauvrissement culturel inéluctable des régions Cette volonté ne pourra résulter que d'une action politique forte mettant en avant la nécessité de voir perdurer et s'épanouir l'activité d'un secteur qui a tant contribué à l'aura de notre pays.

Trop d'argent a été mal dépensé, et pour peu de résultats. La plupart des programmes régionaux, faute de concertation avec les principaux intéressés, n'ont pas amené d'amélioration significative aux professionnels dans l'exercice de leur activité. Trop de charges sociales et fiscales pénalisent les ateliers et favorisent l'inflation de leurs prix. Trop peu de moyens ont été affectés à la promotion d'un secteur qui manque encore cruellement de vitrine et souffre d'une communication plus que discrète.

La volonté d'harmonisation des réglementations ne doit pas aboutir à une uniformisation des pratiques sociales, culturelles et économiques. Elle doit laisser le champ libre à la diversité.


LES ENJEUX POUR LES PROFESSIONNELS ET LEURS ATELIERS SONT CRUCIAUX. IL EST DONC URGENT D'OUVRIR UN VRAI DÉBAT AUTOUR DE LA RÉALITÉ CONCRÈTE DE NOTRE SECTEUR ET D'IMPULSER DES REFORMES EN CONCERTATION AVEC LES ARTISANS D'ART ILS SONT DES ACTEURS A PART ENTIÈRE DANS LA SOCIÉTÉ CIVILE ET NOUS NOUS BATTONS POUR LEUR ASSURER UN AVENIR.

Le Président : Max Debeauvais

Syndicat Professionnel
des Métiers d'art de France
Ces Beaux-arts qu'on assassinent...
Cette lettre à était adréssée à tous nos députés et sénateurs ainsi qu'à la presse.
Plusieurs réponses ont étaient déja formulées et seront débattues. Nous vous communiquerons un compte rendu sur se site.
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